Ne rien céder

La politique libérale, menée depuis tant d’années, rend le quotidien de nos concitoyens de plus en plus brutal. Il y a celles et ceux qui se débattent pour trouver un emploi ou vivre d’un travail précaire ; les bénéficiaires de nos compétences et les usagers du service public, qui expriment jour après jour l’affaiblissement d’un système social, garant d’une équité républicaine ; et les salariés en charge de nos politiques, qui expriment leur impuissance et leur mal-être face à l’ampleur des besoins et à l’inadéquation des moyens mis à leur disposition.

Nos partenaires institutionnels ne sont pas épargnés. Les associations, les communes, et leurs regroupements, sont sacrifiées depuis des années sur l’autel de l’austérité budgétaire. Avec elles, c’est non seulement la vitalité démocratique de proximité qu’on atrophie, mais également toute l’histoire de la décentralisation et de l’aménagement du territoire.

Alors que les enjeux sociaux et écologiques n’ont jamais été aussi importants, l’Etat décide de prendre en otage les collectivités territoriales en établissant un contrat de 3 ans (loi de programmation de finances) qui réduit un peu plus les marges de manoeuvre des Conseils départementaux. Ce contrat impose une progression limitée de 1.2% de nos dépenses de fonctionnement, déconsidérant de fait les solidarités, qui sont pourtant le coeur de notre métier. Alors même que l’urgence sociale s’amplifie on ne peut se résoudre à abandonner nos marges de manoeuvre afin de construire des politiques sociales ambitieuses. Cette contractualisation s’apparente à une mise sous tutelle, et remet en cause un principe de base qui est la libre administration de nos collectivités.

Les élus.es doivent dénoncer fermement cet étranglement budgétaire, car après plusieurs années d’austérité on ne peut se satisfaire d’un encadrement financier si rigide. Il est également urgent d’inscrire des moyens supplémentaires dans les domaines sociaux les plus en tension, et de renforcer nos exigences environnementales dans chacune de nos politiques.

Une fois le budget voté sur ces bases, nous proposerons une décision modificative, intégrant les sommes dues et attendues de l’Etat pour les charges transférées et non compensées, et les politiques obligatoires et optionnelles que nous pourrions mettre en place. Cette décision modificative serait un acte politique fort et symbolique pour dénoncer la duplicité d’un Gouvernement qui n’assume ni ses responsabilités vis-à-vis des politiques qu’il transfère, ni les besoins des populations les plus fragiles. Affirmons l’ambition d’une politique sociale et écologique ambitieuse.

 

Les élus du groupe › Annie Chevaldonné, Lionel Gay, Bertrand Pascuito, Monique Rougier.

Service communication

Article mis à jour le 12 avril 2018