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27 avril 2020

Tous mobilisés

Sur site ou en télétravail à la maison, les agents du Conseil départemental sont mobilisés pour assurer leurs missions de service public.
Plusieurs d'entre eux nous livrent leurs témoignages sur leur quotidien et la poursuite de leurs activités professionnelles pendant la crise sanitaire.

Sommaire

Josiane André & Françoise Chardon - PMI

Vacciner et rassurer : rendez-vous espacés, salles d’attente vidées des jouets, un seul parent accompagnant, respect des gestes barrières, nettoyage régulier avec des désinfectants de surface… Dans les consultations de la Protection Maternelle et Infantile (PMI), tout est mis en œuvre pour rassurer les familles et continuer les vaccinations.

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« C’est absolument crucial que les jeunes enfants soient vaccinés, martèle Josiane André, infirmière puéricultrice cadre de la PMI. C’est une recommandation de la Haute Autorité de Santé et de l’Agence Régionale de Santé, on ne peut pas se permettre qu’une épidémie de rougeole, de coqueluche ou de méningite s’ajoute à celle du COVID-19. »
Dans les locaux des Maisons des Solidarités du Puy-de-Dôme, 21 demi-journées de consultations ont eu lieu entre le 31 mars et le 14 avril. « Il y a beaucoup d’angoisse dans les familles mais elles sont soulagées qu’on examine leurs enfants, constate le Docteur Françoise Cardon, médecin PMI. Cela demande une extrême rigueur d’appliquer la distanciation sociale en consultation, mais les parents sont rassurés de voir qu’on porte un masque, ça leur montre qu’on prend la situation au sérieux. » En cette période de confinement, il faut en outre redoubler d’efforts pour assurer la continuité vaccinale chez les publics précaires. « Avec l’équipe mobile du Dispensaire Emile Roux, je vais dans les centres d’hébergement, les squats, les accueils de jours pour orienterles familles vers les lieux de consultation de la PMI, reprend JosianeAndré. Mais je suis aussi là pour voir comment les enfants vivent le confinement qui exacerbe les tensions dans les familles. Et ça marche bien ! Les familles sont contentes qu’on pense à elles. » Pour ces publics, des vaccinations ont été organisé dans le car d’accueil des réfugiés à Pessat-Villeneuve, au centre pénitentiaire de Riom, à la maison parentale et à la résidence hôtellière à vocation sociale de l’ancien lycée Monanges. « Tous nos collègues sont mobilisés. C’est un travail de fourmi, concluT Josiane André, mais on ne lâche rien pour assurer le lien, la veille et la continuité des services. »

Denis Georges - Direction des routes

Chef du centre d’intervention routière de Saint-Pardoux, dans les Combrailles, Denis Georges s’est adapté pour continuer à assurer la qualité et la sécurité du réseau routier départemental.

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Malgré le confinement, et même si la circulation sur les routes a beaucoup diminué, les agents des routes poursuivent leur mission de service public. « Nous avons modifié notre façon habituelle de fonctionner afin de respecter les gestes barrières, explique Denis Georges. Par exemple, nous nous déplaçons systématiquement seuls dans les véhicules. De plus, on nous a fourni des masques, des gants et du gel hydroalcoolique. » Afin de garantir la sécurité des usagers, les patrouilles d’inspection du réseau se poursuivent au rythme de trois fois par semaine. « On privilégie les grands axes où il y a le plus de circulation, précise le chef de centre. Mais ça ne veut pas dire qu’on oublie les petites routes ! On sait que tout le monde a besoin de se déplacer, même pendant une période comme celle-ci. »

Solidarité entre agents

Traiter les nids de poules, dégager les branches tombées, vérifier l’état des panneaux, entretenir les aires de repos (elles continuent à être utilisées par les routiers)… les agents continuent les petites opérations. « Nous maintenons également les astreintes des agents dans le cadre du Dispositif d’interventions de sécurité, par exemple pour sécuriser la voirie suite à un accident, souligne Denis Georges. Là aussi, on fait attention à ce que l’agent d’astreinte n’ait pas de contrainte familiale. Heureusement, il y a une bonne solidarité entre nous. On arrive toujours à s’organiser ! »

Marc Hertzler - Dispensaire Emile-Roux

Cadre infirmier au dispensaire, Marc Hertzler se rend quotidiennement auprès des populations en situation de grande précarité sociale pour évaluer et identifier les cas de Covid-19.

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Depuis le début du confinement, Marc Hertzler fait partie des équipes mobiles qui effectuent des visites auprès de toutes les populations en situation de grande précarité dans l’agglomération clermontoise.
Il intervient, entre autres, dans les centres d’hébergement d’urgence et dans les squats. « Nous épaulons nos partenaires associatifs et institutionnels qui travaillent auprès des populations précaires, explique-t-il. Les équipes du dispensaire sont formées de deux personnes : un médecin et un infirmier et ont pour mission d’évaluer et d’identifier les cas de Covid-19. »

Lien de confiance

Aux côtés des agents du Conseil départemental (dispensaire Emile-Roux, PMI…) officient également des personnels médicaux volontaires. « Nous travaillons en symbiose parfaite, se réjouit le cadre infirmier. Au début, il a fallu tisser des liens de confiance avec les personnes auprès de qui nous intervenons, mais grâce à la notoriété du dispensaire Emile-Roux, nous sommes globalement bien accueillis. » Les médecins et infirmiers profitent de leurs visites pour sensibiliser aux gestes barrières. « Le fait de nous voir arriver équipés de nos blouses, charlottes et masques fait toujours son petit effet », glisse Marc Hertzler. Avec une visite hebdomadaire par site, auxquelles viennent s’ajouter les interventions d’urgence en cas d’appel ou de suspicion avérée, les journées sont parfois longues. « C’est notre métier, tranche Marc Hertzler. Avec tous les agents du dispensaire Emile-Roux, nous sommes au service du public et en ce moment, il a besoin de nous. Ce n’est pas maintenant qu’il faut compter ses heures ! »

Placido Hernandez - Standard du Conseil départemental

C’est un peu la porte d’entrée de la collectivité. Depuis le début du confinement, Placido Hernandez assure ses missions de standardiste depuis son domicile.

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« Pour moi, le télétravail est une expérience que je ne connaissais pas, sourit-il. Mais quand on m’a demandé d’assurer mon travail depuis mon domicile, au début du confinement, j’ai accepté tout de suite. Malgré la fermeture de l’Hôtel du Département, je pense qu’il est indispensable d’assurer l’accueil téléphonique de la collectivité. »

Ligne personnelle

Tous les jours de la semaine, de 8h à 16h30, la ligne du Conseil départemental bascule automatiquement sur la ligne personnelle de Placido Hernandez. « La seule différence, précise-t-il, c’est que je n’ai pas accès aux outils informatiques habituels. Je travaille un peu à l’ancienne, avec l’annuaire papier ou le répertoire des agents sur l’intranet de la collectivité. » Comme il ne peut pas répondre à tout le monde en même temps, Placido Hernandez a adapté sa messagerie pour que les usagers renouvellent leur appel un peu plus tard. « Ça marche bien, s’enthousiasme-t-il, les gens se montrent compréhensifs. »
En plus de rediriger vers les agents et services de la collectivité, notre standardiste n’hésite pas à faire ses propres recherches sur Internet (d’un organisme ou d’une association partenaire du Conseil départemental par exemple) pour bien orienter les personnes qu’il a en ligne. Cette permanence n’est-elle pas trop contraignante ? «  Non, assure Placido Henandez. Ça fait 9 ans que j’exerce et que j’apprécie ce travail. De plus, cela m’occupe et ça m’évite de trop "cogiter". » Et pour garder la forme, tous les soirs, quand sa permanence est terminée, il effectue une bonne séance de sport pour bien se vider la tête et être d’attaque dès le lendemain matin !

Axelle Berger - Assistante sociale

Engagée au quotidien auprès de l’unité des mineurs non accompagnés de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), Axelle Berger maintient le lien par téléphone avec ces jeunes âgés de 16 à 18 ans, mais parfois plus jeunes encore, confiés au Département par décision du Juge des enfants.

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Le confinement imposé par la lutte contre le COVID-19 rend ces jeunes encore plus vulnérables, c’est pourquoi le téléphone d’Axelle Berger, assistante sociale à l'ASE, reste allumé en permanence pour ces adolescents hébergés en foyers, en appartement ou encore à l’hôtel. « Il faut réinventer le travail social pour contourner le manque de contact, explique-t-elle, donc on se rend plus disponible. On reste à l’écoute des besoins exprimés mais aussi des messages implicites car le confinement exacerbe les tensions et les inégalités parmi ces jeunes qui vivent difficilement l’impossibilité de sortir. »
L’un des principaux défis : assurer la continuité pédagogique en gardant le lien avec les enseignants, en sollicitant toutes les ressources pour imprimer les cours et pallier le manque de matériel. Mais il faut aussi assurer les urgences médicales qui nécessitent de se rendre exceptionnellement sur place, apaiser les tensions et calmer les inquiétudes pour le présent mais aussi pour l’avenir : « Certains ne comprennent pas la gravité de la situation, alors que d’autres font la comparaison avec Ebola qu’ils ont connu dans leur pays. D’autres encore se demandent s’ils vont pouvoir passer leurs diplômes… »
En cette période exceptionnelle, Axelle Berger apprécie de pouvoir compter sur le soutien de ses collègues pour apporter une gestion commune à toutes ces problématiques. « C’est dans ces moments, dit-elle, que l’on mesure l’importance de la cohésion de l’équipe et de la solidarité entre agents. »

Patricia Farges - Sage-femme

Le confinement génère beaucoup d'angoisses chez les femmes enceintes et les jeunes parents qui peuvent, toutefois, compter sur le soutien et la présence des sages-femmes de la Protection maternelle et infantile (PMI).

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Sage-femme de la PMI, Patricia Farges compte pour de nombreuses femmes et elle a été touchée, dès le début du confinement, par l'inquiétude des femmes enceintes et des toutes jeunes mamans qui ont craint pour leur suivi médical et celui de leur enfant.
« Dès les premiers jours, précise-t-elle néanmoins, on a maintenu le lien par téléphone pour faire un accompagnement à distance et rassurer les familles. Et, dès qu’on a reçu les équipements individuels de protection, on a pu reprendre les consultations. »
Les visites à domicile également puisque, dès la sortie de la maternité, au moins deux visites sont nécessaires pour apporter des conseils suite à l'arrivée d'un bébé et assurer sa première visite médicale obligatoire.

Garder le contact

Les visites à domicile ont pu reprendre également puisque, même si « cela demande beaucoup plus de temps avec l’application des gestes barrières. Un courriel est envoyé en amont pour expliquer les consignes à respecter durant la visite. On doit garder nos distances mais les jeunes parents sont rassurés de nous voir. »
Ne pas perdre contact avec les patientes est important. « D'autant plus pour les publics en précarité, déjà difficiles à atteindre en temps normal, explique Patricia Farges. Car une grossesse est vite passée, on ne peut pas se permettre de perdre deux mois. »

Patrice Gineste, responsable de l'unité conciergerie

Le temps du confinement, Patrice Gineste, responsable de l’unité conciergerie et lui-même gardien au bâtiment Vaucanson, organise le gardiennage des principaux sites du Conseil départemental.

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La plupart des bâtiments sont fermés, aussi bien au public qu'aux agents, explique Patrice Gineste. Le confinement impose un nouveau mode de gardiennage, modifie les horaires, les astreintes mais aussi les consignes de sécurité. »
Dans ces bâtiments fermés, l'équipe de gardiens s’occupe notamment de récupérer le courrier. « Il est, par exemple, indispensable de prendre en charge et d’instruire les dossiers de handicap ainsi que les dossiers médicaux », reprend celui qui assure la conciergerie du site de Vaucanson, regroupant une Maison des solidarités, la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et le dispensaire Emile-Roux.

Se tenir à la disposition des agents présents

Lieu important du dispositif des solidarités sociales, ce bâtiment compte parmi ceux qui restent ouverts au public. « Les consultations ont toujours lieu, mais sur rendez-vous uniquement, à raison d’une toutes les heures. Et des agents travaillent à instruire les dossiers en cours. Il faut donc gérer l'ouverture des portes et se tenir à leur disposition. »
En tant que responsable de l'unité conciergerie, Patrice Gineste vérifie également que tout se passe bien auprès de ses collègues sur leurs sites respectifs. « L’ensemble des gardiens s'est tout de suite adapté aux contraintes dues à cette situation particulière et tout se passe très sereinement », assure-t-il, confiant dans le fait que le retour à la normale des missions de gardiennage se fera probablement avec autant de facilité, grâce à une équipe parfaitement rodée à ces usages.

Dominique Cally, chef de cuisine au collège La Ribeyre à Cournon

Quand il a vu passer l’information, il n’a pas hésité. Dominique Cally s’est porté volontaire début avril pour aller travailler bénévolement dans les EHPAD qui se sont retrouvés en difficulté face à un manque de personnel.

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Les établissements de Lempdes et d’Arlanc étaient demandeurs, il leur a proposé ses services. Les 9 et 10 avril, Dominique Cally est donc « venu donner un coup de main aux collègues de Lempdes qui étaient dans le jus. »
Par équipe de trois, ils se sont organisés pour préparer les repas des résidents. Ce faisant, il a travaillé aux côtés du cuisinier de l’école de Lempdes ou encore d'une jeune saisonnière, venus eux-aussi prêter main forte.
Vêtu de sa tenue personnelle de chef et de ses chaussures, ainsi que des masques, charlottes, tabliers et gants fournis par l’établissement, il s'est adapté aux besoins. « J’étais là pour faire ce qu’on me demandait, raconte-t-il. J’ai épluché des fruits et des légumes par exemple. »

« J’ai simplement fait ce qui me paraissait normal en temps de crise. »

« Ce n’est pas du tout le même travail que dans un collège, explique Dominique Cally. Nous, on fait du volume. Ici les quantités sont moins importantes mais il faut surtout préparer chaque plat de manière différente : les mixer, les hacher, pour s’adapter aux besoins des personnes âgées. » Même si cette expérience a été courte, il s'est senti utile mais n'a jamais eu l'impression de prendre des risques.
« J’étais même plus rassuré de travailler là, avec tous les équipements nécessaires, que d’aller faire mes courses. Et puis ça m’a aussi permis de sortir un peu. » Mais il insiste vraiment sur ce point : « je n’ai rien fait d’extraordinaire, j’ai simplement fait ce qui me paraissait normal en temps de crise : aider ceux qui en ont le plus besoin. »

Marianne Stopyra, technicienne en biologie moléculaire

Au laboratoire public d’analyses Terana 63, Marianne Stopyra réalise maintenant des tests de dépistage du Covid-19

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Depuis fin avril, le laboratoire Terana 63 intervient en soutien des laboratoires médicaux et du CHU de Clermont-Ferrand pour réaliser les tests virologiques (dits PCR) de dépistage du Covid-19. « C’est une activité que nous maîtrisons parfaitement, s’enthousiasme Marianne Stopyra. Le dépistage du Covid-19 nécessite, à peu de choses près, le même processus et le même matériel que pour les analyses vétérinaires que nous réalisons quotidiennement. La différence, c’est qu’au lieu d’avoir des échantillons provenant d’animaux, nous travaillons à partir de mucus prélevé dans le nez des patients avec des écouvillons nasaux ». 
Les mesures de sécurité ont été renforcées pour manipuler en toute sécurité ces éléments extrêmement contagieux. Les laborantins sont équipés en masques, combinaisons et charlottes et travaillent sous PSM*. Des procédures qu’ils connaissent bien puisqu’ils travaillent régulièrement sur des agents très pathogènes, comme le prion, responsable de la vache folle.

400 tests par jour

Une fois reçus, les échantillons sont traités pour inactiver le virus. ; sSon matériel génétique est ensuite extrait grâce à des technologies de biologie moléculaire et on le fait se multiplier.
« À ce moment, nous ne savons pas encore si le virus est présent dans les échantillons, précise la technicienne. Ce n’est que lors de la dernière étape que nous avons une indication : les échantillons sont placés dans un thermocycleur et, grâce aux réactifs ajoutés, deviennent fluorescents si le virus est présent. » Le laboratoire Terana 63 ne se prononce cependant pas sur les résultats des analyses. Il se contente de les transmettre à un laboratoire médical habilité à les interpréter. « Nous pouvons réaliser 400 tests PCR par jour, assure Marianne Stopyra, mais en cas de forte demande, nous pouvons monter jusqu’à 800 tests par jour. »

* Poste de sécurité microbiologique