Groupe Socialistes et Républicains

Grand débat national : un peu de forme, rien sur le fond !

Excellente nouvelle : le « grand débat » aura permis au président de la République d’apprendre ! En particulier que les élus locaux sont respectables, compétents et légitimes. Qu’ils s’efforcent d’aider leurs concitoyens au quotidien, et qu’ils y parviennent souvent.

Mais alors, pourquoi s’entêter à réduire les marges de manoeuvres des collectivités territoriales, en faisant peser sur elles une partie non négligeable d’économies budgétaires qualifiées d’indispensables.

Ne faudrait-il pas au contraire renforcer les territoires en leur laissant disposer des moyens qu’ils sont capables de mobiliser.

L’imagination, l’innovation, l’audace viennent le plus souvent des territoires, de ceux qui sont chaque jour sur le terrain, à l’écoute des citoyens, et sans qu’il soit besoin d’organiser de grandes rencontres officielles et protocolaires.

Une des attentes des élus locaux que nous sommes, est que l’État assume pleinement ses compétences et ses devoirs et permette ainsi aux collectivités de mettre en place leurs politiques de proximité, responsables, respectueuses des diversités catégorielles, sociales et territoriales.

Comment faire, alors même que les dépenses des Allocations Individuelles de Solidarités (APA. Allocation Personnalisée d’Autonomie, PCH Prestation de Compensation du Handicap et RSA. Revenu de Solidarité Active) qui ont été transférées par l’Etat il y a des années, sont en augmentation, continueront à augmenter et ne sont toujours pas compensées correctement par l’Etat. C’est la solidarité départementale qui prend le relais en obérant inévitablement les autres politiques départementales, mais notre choix politique est de prioriser ces dépenses sociales, car elles sont essentielles et vitales pour les publics les plus fragiles.

Les propositions du président de la République au sortir du grand débat national étaient attendues. Un nouveau cap devait être fixé, des réponses allaient être apportées au malaise social et au déficit démocratique qu’un mouvement social sans précédent a mis en évidence de manière criante.

Si l’attente a été longue, l’espoir de mesures politiques à la hauteur des enjeux a lui été fort bref. La table n’a pas été renversée.

Force est de constater que, dans leur majorité, les demandes et suggestions issues d’une consultation qui se voulait démocratique, n’ont pas été retenues. Certes, quelques mesurettes annoncées tentent d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Qu’en sera la contrepartie possible ? Des services publics de moindre qualité et en quantité insuffisante ? Le petit gain en pouvoir d’achat fera long feu ?

Apprendre est bien. Retenir et intégrer est bien meilleur.

LES CO-PRÉSIDENT-E-S : Élisabeth Crozet, Gilles Pétel
Les élus du groupe : Damien Baldy , Gérard Betenfeld, Dominique Briat, Nathalie Cardona, Nadine Déat, Antoine Desforges, Manuela Ferreira De Sousa, Sylvie Maisonnet, Florent Moneyron, Monique Pouille, Alexandre Pourchon, Patrick Raynaud

Service communication

Article mis à jour le 27 mai 2019